Il y a de ça plusieurs siècles, alors qu’il existait encore sur le monde de vastes forêts inexplorées, naquit de l’harmonie entre la terre et la nature, par la grâce de Tunare, un être. Celui-ci, un enfant dans un corps d’adulte, était la représentation même de la paix et de l’amour de la vie. Une communion entre lui et la forêt s’installa.

Et comme les seuls qui respectaient presque autant la nature et la vie que lui se faisait nommer Elfes des Bois, il prit tout naturellement leur apparence. Nul ne peut plus maintenant comprendre l’harmonie et le lien extraordinaire qui liait cet elfe à cette forêt que l’on baptisa plus tard Faydark. Il était tout simplement cette harmonie. De très vieux textes parlent encore de cet elfe appelé Laen qui fuyait le contact de toute civilisation, même elfique, mais sans jamais la moindre agressivité. Toute la journée et toute la nuit il dansait pour la nature, provoquant par sa seule présence une profusion de couleurs. Là où il passait, les fleurs s’ouvraient, les arbres fleurissaient, l’herbe devenait plus verte et la nature tout entière s’exprimait dans un gigantesque cri de joie pour embellir le monde.

A cette époque apparurent les premières formes de magie. Laen, puisqu’on le nommait ainsi, était sensible à cette nouvelle forme d’énergie, en particulier celle délivrée par le mage des bois. Il apprit seul à s’en servir, mais là où les autres inventaient sans cesse des sorts de destruction, lui tissait des enchantements qui embellissaient encore plus la vie et la nature.

Plusieurs siècles s’étaient écoulés, et Laen vivait heureux, seul dans sa demeure naturelle, jusqu’à ce jour maudit où… Laen perçut un cri de douleur et de détresse dans son âme et dans son cœur, comme si la vie quittait la forêt massivement, intentionnellement détruite pour le plaisir. Ne pouvant supporter la souffrance des ses amis les arbres, souffrance qu’il ressentait au plus profond de lui, il se précipita vers l’endroit d’où venaient les cris. Le spectacle était horrible. Des cadavres d’elfe jonchaient le sol et le sang pur de cette fière race coulait sur la terre, la souillant. Un peu plus loin des êtres difformes et verts coupaient les arbres sans aucune raison et les brûlaient. Un sentiment nouveau envahit Laen envers ce qu’il appellerait plus tard les orcs : la fureur. Alors un fantastique énergie afflua en lui, se concentra dans ses mains et jaillit sous la forme d’une colonne de flamme dans un gigantesque cri de rage. Les orcs furent complètement anéantis et la forêt sauvée ce jour là. Mais la dépense d’énergie avait été trop forte pour la pauvre gardien de la nature qui s’effondra au sol. Il vit alors dans son inconscience un chemin que même lui ne connaissait pas. Une lumière aveuglante se laissait apercevoir au bout. Il suivit ce chemin, fruit de son imagination dans l’éther, et se retrouva dans au pied d’un arbre titanesque : la demeure de sa créatrice, la déesse Tunare en personne. L’émotion était forte dans le cœur de Laen alors. Mais sa déception fut encore plus grande lorsqu’il découvrit Tunare allongée sur le coté, vraisemblablement à l’agonie, la peau marquée de taches noires de corruption. Pendant des heures il tenta de la soigner sans même aboutir à une petite amélioration. Pire même, l’état de la divinité de la nature s’aggravait d’heure en heure. Laen décida alors de partir à la recherche de ce mal.

A ce moment là, une gigantesque clameur s’élevait sur la terre, et toutes les armées de Norrath se lançaient à l’assaut les unes des autres. Il erra dans le plan de la nature à la recherche du mal et le fini par se retrouver au milieu d’une grande clairière. Dans cette clairière, toute vie avait cessé. Seul se dressait devant lui un arbre noir sans aucune feuille. Et dans cet arbre, Laen sentait battre le cœur du mal. Il s’approcha, sentant sa force l’abandonner un peu plus à chaque pas. Il toucha l’arbre et tenta d’en extraire le mal mais le mal était trop fort et le rejetait en arrière. Sentant que si rien ne se passait très vite, Norrath serait détruit en même temps que sa déesse bien aimée, Laen décida de faire la seule chose qui lui restait à faire. Il plongea la main droite dans le tronc maléfique et la main gauche dans sa propre poitrine. Il arracha son cœur et celui de l’arbre et les intervertit. Sa réaction fut fulgurante. Il vit l’arbre se tordre puis prendre peu à peu une couleur normale et enfin dans une explosion de couleur toute la clairière se remit à vivre, le mal disparaissant comme emporter par une colossale vague d’amour et de vie. En même temps sur Norrath, au milieu du champ de bataille, dans une explosion de lumière, un elfe se dressait au milieu de toutes les armées, mettant fin par son seule charisme à cette guerre insensée. Laen lui sentit un mal qui commença à le ronger et acceptait la mort qui allait venir. Mais à ce moment apparut devant lui Tunare, rétablie. Elle effleura de sa main le visage de Laen et celui-ci se releva. " Retourne dans le monde des mortels, Wilaen, et combat pour moi ce mal qui ronge la vie et l’harmonie que j’y avais créée. Va, je serais toujours à tes côtés, mon enfant. "

Depuis ce jour, Wilaen parcourt le monde. Les gens l’ont surnommé très vite Ebonyheart, à cause de son cœur surnaturel. Il vit un combat de tous les moments, sans cesse obligé de lutter pour ne pas laisser le mal s’exprimer en lui. Plutôt solitaire, il a fini par trouver une nouvelle source de volonté en la personne de Hammadeen, sa femme, qui combat à ses cotés tous ceux qui tentent de détruire le sanctuaire que Tunare a laissé il y a des siècles à tous les êtres vivants, de détruire …la Vie.