Je suis né une nuit d'hiver lors d'une tempête comme on en voit beaucoup dans ce pays hostile qu'est celui des Barbares. Ma mère m'a mis au monde dans une hutte à l'écart du village avec d'une des sages femmes de la vallée voisine. N'ayant que ma mère pour seule famille, je dus très vite apprendre à me débrouiller seul dans ces steppes glaciales pour pouvoir nous nourrir ma mère et moi. Nous étions très pauvres et vivions des quelques bêtes que nous avions, de la culture d'un petit potager et d'un peu de chasse.

Déjà tout petit, j'étais très courageux et téméraire et mes quelques incartades dans le village m'endurcirent encore plus. En permanance dès que je franchissais le seuil du village, je subissais les moqueries, les insultes des villageois et même me faisais maltraiter par tous les enfants qui n'avaient l'air d'éprouver pour moi que haine et dégoût.

Au début je ne comprenais pas pourquoi les gens avaient tant de haine et de mépris pour ma mère et moi. J'entendais à longueur de temps: "c'est le fils de la putain" et bien d'autre insultes plus virulantes les unes que les autres. Plus tard, j'appris en fait que j'étais le fruit d'une liaison interdite entre ma mère et l'un des guerriers du village, qui l'avait violée alors qu'il était saoul.

Mais c'est ma mère qui avait été bannie et rejetée par les siens avec l'interdiction de remettre les pieds dans le village, car il était dit que c'était de sa faute si elle était tombée enceinte et qu'elle avait fait cela dans le but de semer le trouble et la discorde dans le village.

Ma mère mourut un matin de printemps, lors de ma 16 ème année, après des semaines de souffrance. Toutes ces épreuves vécues durant mon enfance avaient fait de moi un homme rude, endurci par toutes ces années de malheur mais avec des principes inébranlables de loyauté, d'honneur et de rigueur inculqué par sa mère.

En grandissant j'étais devenu plus fort que n'importe lequel des enfants du village, qui préféraient alors m'éviter. Parfois même je n'hésitais pas à me mesurer aux grands hommes du village, sans beaucoup de succès, dans le cas où ils avaient insulté la mémoire de ma mère décédée avec une seule idée en tête: Laver l'honneur de ma mère qui avait pâti d'une chose qu'elle n'avait pas voulue.

Maintenant j'ai 20 ans et je voyage de vallées en vallées, d'aventures en aventures en rivalisant de courage avec les plus grands dans l'espoir de devenir un jours comme le grand Hama dont le nom résonne du son de ses actes de bravoure et de courage dans tous les villages. Avec pour but ultime de rétablir le nom souillé de ma regrettée mère : Sherlindrea De Nockmahre.